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Deuil et perte

Traverser un deuil, accompagné

Deuil récent, deuil qui n’avance pas, mort brutale, deuil anticipé face à la maladie. J’ai accompagné pendant neuf ans, en équipe mobile de soins palliatifs, des familles avant et après la perte. Je poursuis ce travail en visioconférence, où que vous soyez.

Échange téléphonique de 15 minutes, gratuit et sans engagement. C’est à l’issue de cet appel que nous fixons ensemble le premier rendez-vous.

On dit qu'il faut du temps. C'est vrai, mais c'est très insuffisant. Le temps seul ne fait pas le deuil : il l'accompagne quand quelque chose peut se remettre en mouvement à l'intérieur. Quand ce mouvement est empêché — par la brutalité de la perte, par ce qui n'a pas pu se dire, par une culpabilité qui ne lâche pas — le temps ne fait qu'user.

Et puis il y a ce que personne ne dit : la fatigue de faire bonne figure, l'agacement devant les phrases toutes faites, la solitude qui commence précisément au moment où les autres retournent à leur vie. Trois mois après, tout le monde a repris. Vous, non.

Il n'existe pas de deuil normal

Aucune étape obligatoire, aucun ordre à respecter, aucun calendrier. Les fameuses « cinq étapes du deuil » décrivaient à l'origine le vécu de personnes en fin de vie, pas celui des endeuillés, et elles ont fait beaucoup de dégâts : elles laissent croire qu'on devrait avancer selon un programme, et donc qu'on échoue quand ce n'est pas le cas.

Ce qui compte n'est pas le temps écoulé, mais le mouvement. Un deuil qui progresse ne fait pas moins mal, mais il se transforme : la douleur devient moins constante, des moments de vie redeviennent possibles, la personne disparue peut être évoquée sans que tout s'effondre.

Les signes d'un deuil qui s'est immobilisé

Quelques repères — non pour poser une étiquette, mais pour savoir quand un accompagnement peut aider.

  • La douleur garde exactement la même intensité qu'au premier jour, des mois ou des années après.
  • Vous ne parvenez ni à évoquer la personne, ni à penser à autre chose : les deux extrêmes coexistent souvent.
  • Votre vie ne s'est pas remise en mouvement : plus de projets, plus de désir, un présent suspendu.
  • La culpabilité occupe tout l'espace — ce que vous auriez dû dire, faire, voir plus tôt.
  • Vous évitez systématiquement tout ce qui rappelle la personne : lieux, objets, dates. Ou à l'inverse, vous ne pouvez rien changer, rien ranger, rien donner.
  • Des images intrusives reviennent : les derniers instants, la découverte du corps, l'annonce, l'hôpital. C'est le signe d'une dimension traumatique qui se travaille spécifiquement.
  • Le sommeil, l'appétit, la capacité à travailler restent durablement altérés.
Sur la durée Au-delà d'un an environ, lorsque ces signes persistent et empêchent de vivre, on parle de deuil prolongé ou compliqué. Mais ce seuil est indicatif : personne ne devrait attendre douze mois pour demander de l'aide s'il souffre aujourd'hui.

Les deuils particulièrement difficiles

  • La mort brutale — accident, suicide, mort subite, homicide. Aucun temps de préparation, souvent une dimension traumatique, et parfois des questions sans réponse qui empêchent le deuil de commencer.
  • Le suicide d'un proche, qui ajoute au chagrin la culpabilité, la colère, la honte sociale et un « pourquoi » sans issue.
  • Le deuil périnatal — fausse couche, interruption médicale de grossesse, mort in utero, décès d'un nouveau-né. Un deuil massif que l'entourage minimise presque toujours.
  • Le deuil anticipé, quand la maladie annonce l'issue : on pleure déjà quelqu'un qui est encore là, ce qui produit une culpabilité redoutable.
  • Les deuils ambivalents, lorsque la relation était conflictuelle, violente ou distante. Le soulagement y côtoie le chagrin, et c'est indicible.
  • Les deuils non reconnus : perte d'un amant, d'un ex-conjoint, d'un ami, d'un animal, d'un collègue. Réels, mais sans droit social au chagrin.
  • Les deuils sans mort : infertilité, séparation, maladie qui emporte les capacités d'un proche, perte d'un métier ou d'une santé.

Comment nous travaillons

Il ne s'agit jamais de « tourner la page » ni d'oublier — c'est d'ailleurs souvent la crainte qui empêche de consulter. Le but est que la place de la personne disparue cesse d'être une plaie ouverte pour devenir une présence que vous pouvez porter.

  • Un espace pour dire l'indicible. La colère contre le disparu, le soulagement, la lassitude d'être triste, ce que l'entourage ne peut pas entendre. Rien de tout cela n'est monstrueux, et le dire à voix haute une fois change souvent beaucoup.
  • L'EMDR pour la part traumatique. Lorsque des images s'imposent — les derniers instants, la réanimation, le moment de l'annonce — elles bloquent le deuil en le maintenant à l'état de choc. Les retraiter permet souvent au chagrin de redevenir du chagrin, ce qui est déjà un immense soulagement.
  • Un travail sur la culpabilité, qui est presque toujours présente et presque toujours disproportionnée. Les outils des TCC permettent de l'examiner plutôt que de la subir.
  • Une remise en mouvement progressive : retrouver des repères, des gestes, des liens, sans que cela soit vécu comme une trahison.

Pourquoi la visio convient bien au deuil

Trois raisons très concrètes, que les personnes endeuillées me disent souvent.

  • Sortir est difficile. Les premiers mois d'un deuil, le simple fait de s'habiller et de conduire jusqu'à un cabinet peut constituer un obstacle décisif. Depuis chez soi, la séance a lieu.
  • Les familles sont dispersées. Une perte réunit et sépare à la fois ; la visio permet à chacun d'être suivi où qu'il vive.
  • Pleurer chez soi puis rester dans son salon est souvent plus supportable que de repartir en public juste après une séance difficile.

Le cadre complet est décrit sur la page consulter en visio.

Questions fréquentes

Les questions qui reviennent

Au bout de combien de temps un deuil devient-il « anormal » ?

Il n'existe pas de durée normale. Ce qui alerte n'est pas le temps écoulé mais l'immobilité : une douleur qui garde exactement la même intensité qu'au premier jour, une vie qui ne se remet pas en mouvement, l'impossibilité d'évoquer la personne ou au contraire de penser à autre chose.

Au-delà d'un an environ, quand ces signes persistent et empêchent de vivre, un accompagnement spécifique est utile.

Est-ce trop tôt pour consulter, mon deuil est très récent ?

Non. Les premières semaines n'appellent pas forcément une thérapie, mais elles appellent souvent un espace pour déposer ce qui ne peut pas se dire à l'entourage — la colère, le soulagement, la culpabilité, l'ambivalence.

Consulter tôt n'accélère pas le deuil : cela évite qu'il s'enkyste.

Peut-on faire de l'EMDR pour un deuil ?

Oui, lorsque le deuil comporte une dimension traumatique : mort brutale, accident, suicide, images de la découverte du corps ou des derniers instants, souvenirs de réanimation.

L'EMDR ne fait pas disparaître le chagrin — ce n'est pas son objet — mais il permet souvent de desserrer l'emprise des images intrusives, pour que le deuil puisse enfin se faire. En savoir plus sur l'EMDR en visio.

Ma perte n'est pas un décès. Est-ce que cela compte ?

Oui. Une fausse couche, une IVG, une infertilité, la perte d'un animal, une séparation, la perte d'un métier ou d'une santé sont des deuils réels, souvent aggravés par le fait que l'entourage ne les reconnaît pas comme tels. Ce sont des motifs de consultation à part entière.

J'ai peur d'oublier la personne si je vais mieux.

C'est une crainte extrêmement fréquente, et elle mérite d'être prise au sérieux plutôt que balayée. Le travail de deuil ne consiste pas à effacer, mais à déplacer : passer d'une présence qui fait souffrir en permanence à une présence intérieure que l'on peut convoquer. Aller mieux n'est pas une trahison, et la fidélité ne se mesure pas à la quantité de douleur.

Mon proche est en fin de vie. Puis-je consulter maintenant ?

Oui, et c'est souvent précieux. Le deuil anticipé — pleurer quelqu'un qui est encore là — est un vécu éprouvant et culpabilisant. Neuf années en équipe mobile de soins palliatifs m'ont mise au contact quotidien de ces situations, avant comme après le décès.

En cas d'urgence. Ce site n'est pas un service d'urgence et les demandes ne sont pas traitées en temps réel. Si vous êtes en danger immédiat ou avez des idées suicidaires, appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24), le 15 (SAMU) ou rendez-vous aux urgences les plus proches.

Le premier pas, c'est un simple appel

Je ne propose pas de réservation automatique en ligne, et c’est un choix. Chaque premier rendez-vous est fixé après un échange téléphonique de quinze minutes — le temps de comprendre votre situation, de vous expliquer comment je travaille, et de vérifier ensemble que cet accompagnement vous correspond. Cela me permet aussi de garantir à mes patients suivis des créneaux réguliers plutôt que de remplir un agenda au hasard.

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