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Psychotraumatisme

Quand un souvenir ne passe pas

Images qui s’imposent, cauchemars, sursauts, évitement, impression que « c’est comme si c’était hier ». Un événement traumatique — récent ou vieux de vingt ans — peut se retraiter. J’accompagne ce travail en visioconférence, avec l’EMDR et les TCC.

Échange téléphonique de 15 minutes, gratuit et sans engagement. C’est à l’issue de cet appel que nous fixons ensemble le premier rendez-vous.

Un souvenir ordinaire se range. Il perd de sa netteté, il s'intègre au récit de votre vie, il devient quelque chose qui a eu lieu. Un souvenir traumatique, lui, ne se range pas. Il reste stocké tel quel — avec les images, les odeurs, les sensations corporelles et les pensées du moment — et il continue de se déclencher comme si le danger était toujours là.

C'est pour cela que la volonté n'y peut rien. Vous ne « ressassez » pas : votre système d'alarme n'a pas été informé que c'était terminé.

Ce que cela produit concrètement

  • Des reviviscences : images qui surgissent sans prévenir, flashs, cauchemars répétitifs, sensation de revivre la scène.
  • De l'évitement : ne plus prendre la voiture, ne plus passer dans cette rue, ne plus retourner à l'hôpital, changer de sujet dès qu'on approche.
  • Une hypervigilance permanente : sursauts, incapacité à tourner le dos à une porte, scan constant de l'environnement, sommeil en surface.
  • Des altérations de l'humeur et de la pensée : culpabilité, honte, sentiment d'être abîmé ou différent des autres, perte d'intérêt, détachement.
  • Des réactions physiques : palpitations, tension, douleurs, troubles digestifs, épuisement.
  • Des trous de mémoire sur l'événement lui-même, ou une impression de flou et d'irréalité.

Quand ces manifestations persistent au-delà d'un mois et retentissent sur votre vie, on parle de trouble de stress post-traumatique. Mais on peut souffrir d'un traumatisme sans en cocher tous les critères — et cela mérite d'être accompagné tout autant.

Le traumatisme ne se mesure pas à la gravité de l'événement

« Ce n'est pas si grave, d'autres ont vécu pire. » Cette phrase, presque tout le monde me la dit — et elle est souvent un symptôme plutôt qu'une évaluation.

Ce qui fait le traumatisme n'est pas l'événement objectif : c'est ce qui s'est produit en vous à ce moment-là. L'effroi, l'impuissance, la rupture, le sentiment que votre intégrité ou votre vie était menacée. Deux personnes exposées au même événement peuvent en ressortir l'une indemne, l'autre profondément marquée, sans que cela dise quoi que ce soit de leur force ou de leur faiblesse.

Les situations que j'accompagne

  • Traumatismes uniques : accident de la route, agression, vol avec violence, catastrophe, incendie, attentat, événement violent subi ou dont vous avez été témoin.
  • Traumatismes médicaux : annonce brutale d'un diagnostic, réanimation, réveil en cours d'intervention, geste médical vécu comme une effraction, accouchement traumatique, séjour en soins intensifs. C'est un domaine que je connais de près, pour avoir exercé dix ans à l'hôpital.
  • Deuils traumatiques : mort brutale, suicide, découverte du corps, derniers instants. Voir aussi la page deuil.
  • Traumatismes professionnels : agression au travail, accident, exposition répétée à la souffrance ou à la mort — soignants, secours, forces de l'ordre, transports.
  • Violences subies dans l'enfance ou à l'âge adulte. Selon leur caractère répété et précoce, une partie du travail peut nécessiter un cadre en présentiel : nous l'évaluons ensemble.
  • Traumatismes anciens réactivés par un événement récent, une étape de vie, une naissance, un deuil.

Comment nous travaillons

Un point d'emblée, parce qu'il lève la principale crainte : le travail sur le trauma ne commence jamais par l'exposition au souvenir.

  1. Évaluer. Comprendre votre histoire, ce qui se déclenche et dans quelles circonstances, ce dont vous disposez comme ressources, et ce qui relève ou non d'une indication.
  2. Stabiliser. Installer des outils de régulation qui fonctionnent réellement pour vous : ancrage, respiration, lieu sûr, gestion des reviviscences. Cette phase n'est pas un préliminaire : c'est déjà du traitement, et elle soulage souvent nettement.
  3. Retraiter. C'est là qu'intervient l'EMDR, dont le protocole permet de traiter le souvenir sans avoir à le raconter en détail. Vous gardez à tout moment un signal d'arrêt.
  4. Réintégrer. Reprendre ce que l'évitement avait fait disparaître de votre vie, à un rythme progressif — souvent avec les outils des TCC.

Selon les situations, la thérapie des schémas ou la TCD viennent compléter ce travail, notamment lorsque le traumatisme s'inscrit dans une histoire longue.

En visioconférence : ce que cela suppose

Le travail du trauma à distance est possible et documenté, à condition d'être plus rigoureux, pas moins.

  • Une phase de stabilisation renforcée, avec vérification concrète que vos outils fonctionnent — puisque je ne serai pas dans la pièce pour vous aider à redescendre.
  • Un cadre de sécurité explicite : adresse du lieu de consultation, personne de confiance, médecin traitant, conduite à tenir si l'état se dégrade.
  • Une clôture systématique en fin de séance : nous ne terminons jamais sur une activation élevée.
  • Un temps calme prévu après la séance, sans réunion ni trajet dans la foulée.

Et une limite claire : en cas de dissociation importante, de traumatismes complexes précoces, de situation de vie actuellement dangereuse ou de risque suicidaire actif, je ne propose pas de retraitement à distance. Nous l'évaluons dès les premières séances, et je vous oriente si nécessaire.

Questions fréquentes

Avant de commencer

Faut-il raconter le traumatisme en détail ?

Non, et c'est une différence importante avec l'idée que beaucoup se font de la thérapie. En EMDR notamment, le retraitement ne demande pas de récit détaillé : vous travaillez à partir d'une image, d'une sensation, d'une pensée.

Ce que vous choisissez de dire ou de garder pour vous reste votre décision, à chaque instant.

Mon traumatisme date de vingt ans, est-ce trop tard ?

Non. Un souvenir traumatique mal intégré ne s'efface pas avec le temps : il se met en veille et se réactive à la faveur d'un événement, d'une odeur, d'une étape de vie. Le retraitement reste possible des décennies après, et c'est une part importante de ma pratique.

Ce que j'ai vécu n'est peut-être pas assez grave.

Le traumatisme ne se mesure pas à la gravité objective de l'événement mais à ce qu'il a produit chez vous : le sentiment d'effroi, d'impuissance, de rupture. Une hospitalisation, une annonce médicale, un accident sans blessure, une humiliation peuvent laisser des traces traumatiques réelles.

La comparaison avec « pire » est d'ailleurs souvent un symptôme.

Est-ce que je vais devoir revivre ce qui s'est passé ?

Le travail sur le trauma ne commence jamais par l'exposition au souvenir. Les premières séances servent à stabiliser, à installer des ressources et à vérifier que vous disposez de moyens de régulation suffisants.

Le retraitement n'intervient qu'ensuite, à un rythme que nous décidons ensemble, et jamais sans votre accord explicite.

Combien de séances faut-il ?

Très variable. Un traumatisme unique, récent, chez une personne par ailleurs stable peut se retraiter en quelques séances après la phase de préparation. Une histoire traumatique ancienne ou répétée demande un travail plus long.

Je préfère faire des points d'étape réguliers plutôt qu'annoncer un nombre au départ.

Je prends déjà un traitement. Est-ce compatible ?

Oui, et c'est fréquent. Un traitement prescrit par votre médecin ou votre psychiatre et une psychothérapie sont complémentaires. Je ne prescris pas et je ne modifie aucun traitement : cela relève du médecin. En revanche, une articulation entre les deux prises en charge est souvent utile.

En cas d'urgence. Ce site n'est pas un service d'urgence et les demandes ne sont pas traitées en temps réel. Si vous êtes en danger immédiat ou avez des idées suicidaires, appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24), le 15 (SAMU) ou rendez-vous aux urgences les plus proches.

Le premier pas, c'est un simple appel

Je ne propose pas de réservation automatique en ligne, et c’est un choix. Chaque premier rendez-vous est fixé après un échange téléphonique de quinze minutes — le temps de comprendre votre situation, de vous expliquer comment je travaille, et de vérifier ensemble que cet accompagnement vous correspond. Cela me permet aussi de garantir à mes patients suivis des créneaux réguliers plutôt que de remplir un agenda au hasard.

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