« L’EMDR, ça peut se faire en visio ? » C’est la question qu’on me pose le plus souvent. La réponse est oui — et voici précisément comment, y compris pour la partie qui intrigue le plus : les stimulations bilatérales.
Échange téléphonique de 15 minutes, gratuit et sans engagement. C’est à l’issue de cet appel que nous fixons ensemble le premier rendez-vous.
L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une approche psychothérapeutique centrée sur le traitement des souvenirs traumatiques et de leur impact émotionnel. Elle repose sur une idée simple : certains souvenirs restent « bloqués », stockés avec les images, les sensations et les croyances du moment où l'événement s'est produit, sans avoir jamais été digérés par le cerveau. Ils continuent alors de se réactiver comme s'ils étaient toujours d'actualité.
Le protocole vise à relancer ce traitement resté inachevé, en s'appuyant sur des stimulations bilatérales alternées historiquement des mouvements oculaires, d'où le nom.
Je suis formée à l'EMDR aux niveaux 1 et 2 par l'École EMDR Europe (2022) et membre de l'association EMDR France. C'est aujourd'hui l'une des approches centrales de ma pratique, en particulier pour les traumatismes liés à la maladie, aux soins et au deuil.
La pratique de l'EMDR en visioconférence s'est largement développée depuis 2020 et fait désormais l'objet de protocoles adaptés, d'outils dédiés et de publications spécifiques. Ce n'est ni une improvisation ni un bricolage de circonstance.
La raison de fond est que l'essentiel de l'EMDR n'est pas la stimulation, mais le protocole en huit phases qui l'encadre. L'anamnèse, la préparation, l'installation des ressources, le choix de la cible, le retraitement, l'installation de la croyance positive, le scanner corporel, la clôture : tout cela repose sur la relation et sur une conduite d'entretien rigoureuse, qui ne perd rien à la distance. La stimulation bilatérale, elle, est un support et il se transpose.
C'est le point qui intrigue le plus. Il existe trois modalités, et nous testons ensemble celle qui vous convient le mieux pendant la phase de préparation.
Dans les trois cas, je reste en contact visuel et verbal avec vous pendant toute la séquence, exactement comme au cabinet. Le rythme, la durée des séries et les temps d'arrêt sont conduits par moi, pas par un outil automatique.
Une chose à savoir d'emblée : le retraitement ne commence jamais à la première séance. Un praticien qui vous proposerait des mouvements oculaires d'entrée de jeu ne respecterait pas le protocole.
Travailler le trauma à distance impose des précautions supplémentaires, et je les applique systématiquement.
L'EMDR est particulièrement indiqué lorsque des souvenirs continuent de s'imposer : images intrusives, cauchemars, réactions de sursaut, évitement de tout ce qui rappelle l'événement, sensation que « c'est comme si c'était hier ».
Le dire fait partie du sérieux de la démarche. Je ne propose pas d'EMDR en visioconférence lorsque :
Ces points s'évaluent lors des premières séances. Si l'EMDR à distance n'est pas adapté, cela ne signifie pas qu'il n'y a rien à faire : d'autres approches les TCC, la thérapie des schémas, la TCD peuvent constituer un travail préalable ou une alternative pertinente.
Séance de 1h à 1h30 pour les séances de retraitement, afin de ne jamais interrompre un travail en cours. Les séances de préparation ou de bilan peuvent tenir en 45 minutes.
Rythme habituel : une séance par semaine ou tous les quinze jours pendant la phase active, puis espacement progressif.
Nombre de séances : très variable. Un traumatisme unique et récent peut se retraiter en quelques séances ; une histoire plus complexe demande un travail plus long, dont nous faisons le point régulièrement ensemble.
La durée de chaque séance est convenue à l'avance selon la phase du travail. Séances non remboursées par l'Assurance Maladie ; de nombreuses mutuelles prennent en charge un forfait annuel.
Oui. Les stimulations bilatérales alternées, qui sont au cœur du protocole, se transposent à distance : suivi visuel d'un point qui se déplace à l'écran, stimulations sonores alternées dans un casque, ou tapping auto-administré. Le protocole en huit phases, lui, reste identique.
La pratique de l'EMDR à distance s'est largement développée depuis 2020 et fait l'objet de publications et d'outils dédiés.
Trois modalités sont possibles selon ce qui vous convient le mieux : un point visuel qui se déplace latéralement sur votre écran, des sons alternés d'une oreille à l'autre dans votre casque, ou le tapping — vous croisez les bras et tapotez alternativement vos épaules pendant que je vous guide.
Nous testons les trois lors de la phase de préparation, avant tout retraitement.
Entre une heure et une heure trente selon la phase du travail. Les séances de retraitement demandent plus de temps que les séances de préparation ou de bilan, car il ne s'agit jamais d'interrompre un retraitement en cours. La durée est convenue à l'avance.
Non, et c'est une particularité importante de l'EMDR. Le retraitement s'effectue à partir d'une image, d'une croyance et de sensations, pas d'un récit chronologique détaillé. Vous restez maître de ce que vous dites à voix haute à chaque instant.
C'est la crainte la plus fréquente, et c'est exactement ce que la phase de préparation sert à prévenir. Avant tout retraitement, nous installons des outils de régulation, un lieu sûr, et un signal d'arrêt que vous pouvez utiliser à tout moment — l'EMDR ne se poursuit jamais contre votre volonté.
La fin de séance comporte systématiquement un temps de clôture : je ne raccroche pas tant que vous n'êtes pas revenu à un état stable.
Non. En revanche, le protocole EMDR ne démarre jamais dès la première séance : les premières rencontres servent à comprendre votre histoire, à évaluer si l'indication est bonne, et à installer des ressources de stabilisation sur lesquelles nous nous appuierons pendant le retraitement.
Non. Les outils de stimulation bilatérale disponibles en ligne ne sont que des supports : ils ne conduisent pas le protocole, n'évaluent pas l'indication, ne repèrent pas une dissociation et n'assurent pas la clôture d'une séance. Utilisés seuls sur un souvenir traumatique, ils peuvent réactiver sans permettre de retraiter.
Je ne propose pas de réservation automatique en ligne, et c’est un choix. Chaque premier rendez-vous est fixé après un échange téléphonique de quinze minutes — le temps de comprendre votre situation, de vous expliquer comment je travaille, et de vérifier ensemble que cet accompagnement vous correspond. Cela me permet aussi de garantir à mes patients suivis des créneaux réguliers plutôt que de remplir un agenda au hasard.
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